Publié par : alfournet | 27 avril 2010

GUIDE DES CIVILITÉS A L’USAGE DES GENS ORDINAIRES

VIVRE ENSEMBLE
GUIDE DES CIVILITÉS
A L’USAGE
DES GENS ORDINAIRES
Avec le soutien
du Ministère Délégué
à la Sécurité Sociale,
aux Personnes Agées,
aux Personnes
Handicapées
et à la Famille
MARIE ANNE MONTCHAMP
Ancien Ministre :
Proposer aux « gens ordinaires » un
petit guide des civilités qui les
accompagne dans leur relation quotidienne
avec nos concitoyens handicapés, est une
nécessité. En effet, beaucoup de questions se
posent à chacun qui, non résolues, créent des
obstacles à la communication. A l’école, au
bureau, dans les transports en commun…
Le « vivre ensemble » dans une société
ouverte et attentive, est au coeur de la
démarche qui nous est proposée ici. Cela
suppose d’accepter une règle du jeu toute
simple : adopter, fut-ce même un court
instant, la logique de l’autre, son point de vue,
afin d’identifier les petits écueils usuels de la
vie ensemble, pour les dépasser.
Le propos du guide n’est ni de contraindre,
ni de normer ce qui doit rester naturel et
spontané.
C’est une invitation à comprendre, une
invitation à se mouvoir avec aisance, les uns
avec les autres, tout simplement.
Les auteurs comme les entreprises qui se
sont associées à ce projet, l’ont bien senti,
aidés en cela par les « témoins » qui ont
accepté de livrer un peu de leur vie de tous les
jours, un peu de leur expérience aussi.
Ils m’ont moi-même guidée, parfois sans
le savoir, durant les mois heureux passés
à leur côté pour la préparation de la
« loi pour l’égalité des droits et des chances,
la participation et la citoyenneté des
personnes handicapées ».
Du fond du coeur, qu’ils en soient remerciés.
Je forme le voeu que les lecteurs prennent
plaisir à ce parcours de découverte que
propose le guide et qu’ainsi ils deviennent
garants du savoir-vivre ensemble.
OLIVIER DIZIEN
Professeur en Médecine Physique et Réadaptation
Hôpital Universitaire Raymond Poincaré de Garches :
La différence inquiète. La différence fait peur.
Les réactions qu’elle entraîne peuvent amener
à l’exclusion, qui est une mort sociale,
et parfois à une mort physique.
Il suffit de regarder autour de nous,
dans le monde d’aujourd’hui pour le constater,
sans avoir besoin de remonter très loin
dans l’histoire.
C’est parce que nous sommes ignorants,
parce que nous ne savons pas, ou pas voulu
savoir que la différence de l’autre inquiète.
Elle nous fait porter sur l’autre un regard
parfois dégoûté, distant ou méprisant.
Ce regard est aussi souvent détourné,
pour ne pas voir et ne surtout pas chercher
à savoir et à connaître.
Devant ces différences plus ou moins visibles,
évidentes, ou celles plus cachées, presque
invisibles, notre jugement sur l’autre qui les
porte est le plus souvent négatif.
Réfléchissons un peu : nos jugements sont
injustes et faux car ils ne reposent sur rien de
bien solide : nos peurs, notre vision d’un
monde quand même un peu étriqué mais
qui nous rassure.
Corrigeons nos idées reçues et souvent
fausses !
Regardons, écoutons l’autre différent en
apparence ou de comportements.
Changeons notre regard, nos attitudes,
nos logiques d’idées.
Comment se comporter naturellement avec
une personne qui a un handicap ?
Comment comprendre ses difficultés à vivre
dans un monde qui ne lui facilite pas la vie ?
Comment changer ce monde, ne serait-ce
qu’un instant ?
Ce petit guide des civilités apporte les
informations et les conseils utiles pour
partager notre vie de personne ordinaire avec
celles des personnes handicapées et notre
monde pour qu’il soit meilleur.
Apprenons à vivre ensemble, cela en vaut
vraiment la peine.
Lexique
HANDICAP MOTEUR
• Blessure médullaire : lésion de la moelle épinière.
• Paraplégie : paralysie du corps au niveau de la lésion de la moelle épinière dorsolombaire
se traduisant par une atteinte motrice et/ou sensitive des membres
inférieurs et de la sangle abdominale.
• Tétraplégie : paralysie motrice et/ou sensitive des quatre membres et du tronc
due à une lésion de la moelle épinière cervicale (au niveau du cou).
• Contracture : Mouvement involontaire et incontrôlable des membres paralysés, le
plus souvent chez le blessé médullaire.
• Trachéotomie : Passage au niveau du cou qui permet à une canule de se loger
dans la trachée afin de permettre à la personne de respirer dans le cas de
traumatisme ou de maladie respiratoire.
• Hémiplégie : paralysie motrice et/ou sensitive de la moitié du corps dans le sens
vertical due à une lésion cérébrale.
• Accident Vasculaire Cérébral (AVC) : Il peut avoir pour origine soit un vaisseau qui
se bouche (thrombose) ou bien qui se fissure (hémorragie).
• Infirme moteur cérébral (IMC) : personne souffrant de troubles moteurs liés à
une lésion cérébrale mais ne touchant pas l’intellect.
• Traumatisme Crânien : Atteinte cérébrale due à un traumatisme accidentel. Chez
le traumatisé crânien, des troubles moteurs peuvent exister (type hémiplégie) mais
également des troubles du comportement (lenteur, excitabilité, désinhibition, perte
de repère dans le temps et/ou dans l’espace.)
HANDICAP VISUEL
• Amblyopie : baisse de l’acuité visuelle sans lésion de l’oeil.
• Braille : alphabet en points et en relief à l’usage des aveugles.
• Blindisme : gestuelle propre aux aveugles de naissance qui font penser à des tics.
• Cécité : état d’une personne aveugle.
• Glaucome : maladie de l’oeil entraînant une diminution de l’acuité visuelle pouvant
aller jusqu’à la cécité totale.
HANDICAP AUDITIF
• Implant cochléaire : appareil électronique composé d’un implant interne et d’un
implant externe permettant aux sourds profonds de retrouver une perception auditive.

• Surdité de transmission : elle touche l’oreille externe et se caractérise par une
perte des sons graves.

• Surdité de perception : touche l’oreille interne. Généralement, elle se corrige
efficacement par des appareils auditifs. Peut être causée par des expositions à des
sons très forts.
HANDICAP MENTAL
• Autisme : handicap du développement entraînant des difficultés à
communiquer et comprendre les relations sociales.
• Chromosome : élément de la cellule qui contient des informations héréditaires.

• Encéphalopathie : déficience mentale associée à des troubles moteurs ou
sensoriels.

• Trisomie 21 : anomalie de la paire 21 des chromosomes entraînant de graves
déficiences intellectuelles.
• X fragile : première cause de déficiences intellectuelles après la trisomie 21.
HANDICAP PSYCHIQUE
• Hystérie : névrose caractérisée par une exagération de l’expression psychique et
affective.
• Névrose : affection caractérisée par des troubles affectifs et émotionnels dont le
sujet est conscient.
• Psychose : affection caractérisée par une altération profonde de la personnalité
et des fonctions intellectuelles, dont le sujet n’est pas conscient.
• Schizophrénie : psychose caractérisée par une disfonctionnement psychique,
une perte du contact avec autrui et un repli sur soi.
• Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) : le sujet souffre d’obsessions et de
compulsions. Les obsessions sont des images ou des pensées récurrentes qui
créent de l’anxiété. Les compulsions sont des comportements répétitifs émis en
réaction aux obsessions.
Le handicap moteur peut toucher un
membre ou l’ensemble du corps. Ainsi,
les personnes atteintes de ce
handicap se déplacent soit debout en
s’aidant d’une canne, soit en fauteuil
roulant. En pratique, les déficiences
motrices engendrent une gêne ou un
empêchement dans les déplacements,
la préhension d’objets et parfois la 6 parole. En France, on estime
qu’1,5 million de personnes souffrent
d’un handicap moteur (qu’il soit
d’origine génétique, accidentel ou
cérébral) dont 600 000 sont
atteintes de paralysie.
Pour échanger, je me place
à la hauteur de mon interlocuteur !
SAVOIR
ACCUEILLIR
Une personne handicapée
moteur est une personne comme
une autre, elle a simplement
besoin qu’on lui assure plus de
facilité et de sécurité dans ses
déplacements :
• Assurez-vous que la personne
peut accéder à votre lieu de
rendez-vous, assurez-vous de
l’absence d’obstacles, du bon
fonctionnement des ascenseurs
et si possible de la disponibilité
d’une place de stationnement à
proximité.
• Marchez à côté d’élle
en respectant son rythme.
• Indiquez-lui les changements de
direction et laissez-lui l’usage
des rampes et plans inclinés.
• Patienter devant un
ascenseur, un guichet ou un
service, est très pénible pour
les personnes handicapées
moteur : laissez-leur la
priorité et le temps
d’effectuer leurs
déplacements. 

Attention, vous me déséquilibrez,
je fais finir par tomber.

• Une personne en fauteuil ou de
petite taille ne peut voir que si
elle est placée devant (spectacle,
exposition, allocution) : veillez à
lui laisser un passage et un
espace suffisants.
• Le regard que vous portez est
important : appuyé ou détourné,
il stigmatise et peut donner à la
personne l’impression d’être
réduite à son handicap.
• Vous pouvez sans crainte
utiliser tous les mots du langage
comme marcher, aller, courir…
SAVOIR ÉCHANGER
Comme avec toute autre personne, l’échange repose
sur le respect mutuel et l’égalité. Pour qu’il soit établi, il
convient de suivre quelques conseils de bon sens :
• Surveillez votre langage. Personne n’est “cloué”
dans un “chariot” ! Parlez de “personne handicapée”,
n’employez pas de termes réducteurs comme
“infirme”, “invalide”, “boiteux”, “nain”, etc.
• La station debout est pénible, proposez à la
personne de s’asseoir.

• Le fauteuil roulant tient le rôle des jambes de la
personne handicapée. S’appuyer dessus est une
familiarité qui peut être mal perçue et dangereuse. 

• La personne en fauteuil roulant
ou de petite taille peut souffrir d’un
sentiment d’infériorité. Placez-vous à sa
hauteur, vous établirez ainsi une relation
d’égalité.

• Certaines personnes peuvent avoir une
élocution difficile, du fait d’un handicap
moteur cérébral ou de séquelles d’un
traumatisme crânien. Leur intelligence
n’est pas altérée, parlez-leur
normalement et laissez-leur le temps de
vous répondre.
• Adressez-vous à la personne
directement et non à son accompagnant.
Ce dernier pourra vous aider à converser
si votre interlocuteur s’exprime avec
difficulté. Mais l’aidant n’est qu’un
interprète, il n’est pas votre interlocuteur. 

Merci de nous libérer la voie et de
faciliter nos déplacements !

SAVOIR AIDER
Le quotidien des handicapés
moteurs est fait d’une multitude de
situations qui peuvent devenir des
obstacles insurmontables :
• Si vous pensez que quelqu’un a
besoin d’aide, posez-lui la question et
suivez ses conseils. Une personne en
fauteuil roulant saura vous expliquer
comment la pousser ou franchir un
seuil en toute sécurité, retirer ou
mettre un vêtement, etc.
• Lorsqu’une personne handicapée
est aidée d’un chien d’assistance,
considérez que cet animal travaille;
saluez la personne avant l’animal. Ne
le caressez qu’après avoir demandé
l’autorisation à son maître.
• À table, certaines personnes
peuvent avoir besoin de votre aide.
Elles sauront vous expliquer leurs
besoins, laissez-vous guider et
restez naturel.
• Laissez votre place dans les
transports publics.
• Dans la rue, proposez votre aide
quand vous voyez qu’une personne en
fauteuil roulant rencontre une
difficulté mais ne vous sentez pas
offusqué si elle décline cette aide :
beaucoup de personnes handicapées
accordent une grande importance à
leur autonomie, même si elle leur
coûte des efforts.
Témoignages
“Alors que je m’approchais pour regarder
un spectacle de rue, un monsieur m’a
gentiment laissé me placer devant. Puis il s’est
appuyé nonchalamment sur mon fauteuil. Les
gens ne comprennent pas que le fauteuil est un
prolongement de mon corps !”
Michel, 32 ans.
“Je suis très autonome dans mon fauteuil.
Cependant les parcours en ville sont
ponctués d’obstacles et cela devient vite
fatigant. J’aimerais que les gens pensent à ne pas
laisser leurs poubelles, à nettoyer les déjections
de leurs chiens ou encore à ne pas garer leurs
voitures sur le trottoir !”
Marie 52 ans
“Je vis très mal les regards insistants et
remplis de pitié des gens.”
Karim, 14 ans
• Pour les personnes handicapées moteur,
se déplacer dans la ville nécessite
généralement une attention constante
portée sur le sol, son revêtement, ses
obstacles. En laissant le passage, en
améliorant l’accès, en retirant les
obstacles, vous leur facilitez la vie. Après
une journée passée à franchir des trottoirs,
des seuils, des chaussées en plus ou moins
bon état, un sourire, un « bonjour », et un
peu d’aide peuvent rendre le handicap plus
supportable. 

Le handicap visuel recouvre des
réalités variées, s’échelonnant
d’un trouble visuel à une cécité

complète. Actuellement,
en France, 3 millions
de personnes sont concernées,
ce chiffre augmentant
progressivement avec 10 l’allongement de la durée de vie.
Un malvoyant dans la rue ou un
aveugle à son bureau ne se
distingue pas toujours, alors
soyons attentifs pour mieux les
aider lorsqu’ils en ont besoin !
Attention, je ne vous vois pas !
PARLER POUR
COMMUNIQUER
• La communication visuelle n’étant plus
possible, n’hésitez pas à parler.
• Une personne déficiente visuelle ne peut
pas voir que vous vous adressez à elle.
Pour capter son attention, appelez-la par
son nom !
• Elle ne reconnaîtra pas toujours votre
voix, alors n’oubliez pas de vous présenter.
• La perte de vision ne signifie pas l’oubli
du mot VOIR. Vous pouvez donc utiliser
tout le vocabulaire de la vision. Ainsi, les
aveugles disent “je suis allé voir un film au
cinéma” ou “j’ai regardé tel programme
hier à la télévision”.
COMMENT SE
DÉPLACENT-T-ILS ?
Les possibilités sont différentes suivant
l’importance du déficit visuel.
•Un malvoyant peut très bien se déplacer
sans aide, même s’il est parfois gêné par
un obstacle. S’il a du mal à trouver son
chemin ou qu’il se cogne quelque part, ce
n’est pas forcément qu’il est mal réveillé !
•Une personne aveugle ne peut pas
appréhender l’environnement de manière
visuelle, il lui faut utiliser d’autres
informations : vibrations renvoyées par la
ligne des immeubles, bruits de la
circulation, bruits de pas, odeurs… 

Proposez votre aide,
ne l’imposez pas !

GUIDER
POUR BIEN
ACCOMPAGNER
Accompagner ne veut pas dire
diriger. Certains éléments sont
à prendre en compte pour éviter
que votre aide ne devienne une
gêne:
• Proposez votre aide,
la personne vous dira si elle
en a besoin.
• Ne vous offusquez pas si elle
refuse.
• Pour faire un bout de chemin
ensemble, le mieux est qu’elle
vous prenne le bras, avec sa
main restée libre si elle tient
une canne de l’autre.
• Il est toujours plus facile de
suivre que d’être poussé en
avant !
• Annoncez les changements de
direction ou de relief, ainsi que
les obstacles à éviter.
Canne blanche
et chien guide
Le choix de la canne blanche ou du chien guide est très
personnel, les deux solutions ayant des avantages et des
inconvénient.
• La canne n’est pas une laisse ! Ne tirez pas la personne
avec. Proposez-lui plutôt de prendre votre bras
• Pour être efficace, la canne doit toujours être libre de
toute entrave ainsi que le bras qui la tient.
• Regardez devant vous, ce n’est pas la personne qui vous
verra arriver en face ! Vous risquez de vous prendre les
pieds dans la canne.
Le chien guide est une aide efficace, pour guider son maître
et lui éviter les obstacles, mais il ne doit pas être dérangé.
• Pour aborder la personne, présentez-vous du côté
opposé au chien.
• Ne tirez pas la laisse ou le harnais,
la personne handicapée doit garder le contrôle de son
chien. 

• Devant un escalier, proposez de tenir
la rampe et annoncez la première et la
dernière marche.

• Vous pouvez présenter un siège, et
guider sa main sur le dossier, mais une
fois la position du siège déterminée,
la personne peut s’asseoir seule.
• Prévenez la personne quand vous la
quittez, cela lui évitera de parler dans le
vide ! 

• Si vous la renseignez sur une
direction, pensez que certaines
indications sont purement visuelles,
comme “par ici”, “là-bas”, ou même
“tout droit”.

AU QUOTIDIEN
• Les déficients visuels n’ont pas
accès aux informations écrites sur un
panneau de rue, de direction, une enseigne
ou un arrêt de bus. Il leur faut donc souvent
demander de l’aide. N’hésitez pas à les
renseigner !
• Dans les transports, il n’est pas facile de
trouver la porte d’une rame du métro,
surtout si elle est fermée, ni même une
place libre.
Les objets déplacés ou abandonnés dans
le passage et les portes entrouvertes
représentent des dangers !
• Dans une file d’attente, dans
un magasin ou une
administration, il n’est pas
évident de savoir où commence
la file, ni même quand elle
avance. Il vaut mieux être
renseigné par la personne qui se
trouve derrière que donner à
chaque fois des coups de canne
dans les jambes de celle qui se
trouve devant pour savoir si la
file progresse.
À TABLE
Il est très facile de
partager un repas avec une
personne déficiente visuelle.
• Indiquez-lui le siège où elle doit
s’asseoir, elle trouvera seule son
assiette et ses couverts.
• Décrivez-lui le contenu de
l’assiette ou ce que vous lui
présentez, cela lui évitera les
surprises et d’avoir à manger un
aliment qu’elle n’aime pas.
• Ne dites pas “tiens” en tendant
quelque chose, indiquez lui plutôt
où vous le posez. Exemple : “je
pose un morceau de pain à
droite de ton assiette”.
• N’hésitez pas à lui demander
de tendre son assiette ou son
verre.
• Il est inutile de lui couper la
viande, surtout s’il n’y a pas d’os.
Témoignages
“Les personnes que je rencontre sont étonnées
quand je leur raconte tout ce que je fais, elles
n’imaginent pas les possibilités que l’on a.”
Marie, 41 ans.
“On me demande toujours comment je fais
pour utiliser un ordinateur et aller sur internet,
avec un appareil en braille ou un logiciel de synthèse
vocale on peut très bien le faire sans voir.”
Bertrand, 62 ans.
“Je suis étonné de voir la réaction des gens
avec moi depuis que je suis aveugle, ils sont
gênés, hésitants, alors que c’est si simple de proposer
son aide.”
Luc, 22 ans.
À LA MAISON
Vous recevez une personne déficiente visuelle :
• Si c’est la première fois, décrivez-lui l’agencement des
pièces et faites-lui visiter, elle se fera alors une idée plus
précise des lieux.
• Vous pouvez lui décrire les lieux avec des qualificatifs
visuels.
• Accompagnez-la jusqu’à l’endroit où elle doit s’asseoir
et dans les différentes pièces.
SI VOUS ÊTES INVITÉ
• Vous aurez peut-être à allumer en arrivant, les aveugles
n’ont pas besoin d’éclairer. Pensez alors à éteindre en
partant !
• Évitez de déplacer les objets ou signalez-le, sinon la
personne aura du mal à retrouver ses affaires.
• Ne laissez pas une porte à demi-ouverte.
• Ne laissez rien dans le passage.
• Pensez que vous êtes invité, vous n’êtes pas obligé de
tout faire à la place de votre hôte, qui sait sûrement se
débrouiller, même si un petit coup de main de temps en
temps peut être utile. 

Qu’il soit de naissance, dû à une maladie ou à un accident,
le handicap auditif compromet sensiblement la communication et
l’accès à l’information si l’environnement n’y veille pas. La
personne sourde ou malentendante développe sa propre
stratégie pour contourner son handicap et communiquer.
Face à ce handicap peu visible et souvent sous-estimé, certaines
personnes sourdes ou malentendantes réagissent en évitant les
contacts et parfois en s’isolant progressivement. Cependant, les
modes de communication, les nouvelles méthodes14 d’apprentissage et l’appareillage leur permettent de s’intégrer et
de vivre presque « normalement ».
On estime à 5 millions le nombre de Français ayant des
difficultés d’audition et ce nombre ne cesse d’augmenter avec le
vieillissement de la population.

SOYEZ ATTENTIF !
Le handicap auditif n’est pas
N’hésitez pas à utiliser l’écriture pour
apparent. Voici quelques signes pour
vous assurer que votre interlocuteur a
identifier une personne sourde ou
bien compris !
malentendante :
• La personne pointe son oreille du
doigt et secoue la tête.
• Elle bouge les lèvres sans produire
de son ou parle d’une voix modulée.
• Elle communique avec des signes.
• Elle vous présente un calepin et un
crayon. 

De nos jours, mes appareils auditifs
passent souvent inaperçus !

QUELQUES
RÈGLES POUR
BIEN COMMUNIQUER
Les personnes sourdes ou
malentendantes peuvent
souvent lire sur vos lèvres
(lecture labiale) :
• Assurez-vous que la
personne vous regarde avant
de parler.
• Choisissez un endroit calme
où votre visage est éclairé.
• Ne mettez pas la main
devant la bouche, ne mâchez
pas de chewing-gum et
souvenez-vous qu’une
moustache ou une barbe
peuvent empêcher la lecture
labiale.
• Ne criez pas, parlez
clairement à un rythme
modéré en articulant.
• Faites des phrases courtes
et utilisez des mots simples.
• Reformulez plutôt que de
répéter une phrase non
comprise.
• Accompagnez vos
paroles de gestes
simples et d’expressions
du visage.
• Assurez-vous que la
personne a bien compris.
• Ne parlez pas en tournant
le dos à votre interlocuteur.
• Soyez patient et ne vous
énervez pas si on vous
demande de répéter.
Du nouveau
à la télévision
La loi de 2005 sur le
handicap indique que toutes
les chaînes de télévision
publiques, ainsi que les
chaînes privées réunissant
plus de 2,5% d’audience,
devront sous titrer
l’intégralité de leurs
programmes d’ici 5 ans. Les
chaînes du câble et du
satellite proposeront
quotidiennement plusieurs
heures de programmes
accessibles.
DES MÉTHODES POUR
S’EXPRIMER
En complément des aides auditives,
plusieurs possibilités permettent aux
personnes malentendantes de
communiquer : 

• La lecture labiale : elle consiste pour la
personne sourde ou malentendante à
reconnaître les mots en fonction de la
forme prise par les lèvres. Mais cela reste
difficile et contraignant.

• La Langue française Parlée Complétée :
elle permet de coder avec la main tous les
sons de la langue française.
En complément de la lecture labiale, elle
permet à la personne sourde de
comprendre et à des enfants sourds
d’accéder à la langue française.
• La Langue des Signes Française : c’est
une langue à part entière pratiquée par
des centaines de milliers de personnes
sourdes en France mais aussi par les
professionnels en contact avec les
malentendants (orthophonistes,
enseignants, travailleurs sociaux…).
C’est une langue visuelle qui associe
gestes, mouvements corporels et qui
possède sa propre grammaire et syntaxe.
Chaque pays a sa propre
Les personnes malentendantes ne
perçoivent pas les messages
sonores, pensez à elles !
langue des signes, mais les sourds de
différentes nationalités communiquent
facilement après un temps d’adaptation. Il y a
donc la LSF (Langue des Signes Française), la
BSL (British Sign Language), l’ASL (American
Sign Language) et c’est ainsi pour tous les pays.
INDIQUER UNE DIRECTION
Il n’est pas facile d’indiquer une direction
à quelqu’un qui ne vous entend pas. Quelques
conseils peuvent vous y aider:
• Placez-vous à côté de la personne.
• Ne parlez pas en marchant.
• Aidez-vous de dessins.
• Ne dirigez pas la personne sans vous être
assuré au préalable d’avoir capté son attention,
vous risqueriez de la surprendre.
• Soyez précis.
IMPORTANT
On ignore souvent que de nombreux
sourds de naissance ont des difficultés pour
écrire ou lire. De nouvelles méthodes
d’apprentissage tendent à résorber ce handicap
supplémentaire.
Contrairement aux idées reçues, être sourd
n’induit pas d’être muet !
C’EST SI SIMPLE !
Que ce soit dans les transports en
commun, dans les magasins ou encore au
bureau, les sourds et malentendants ne
perçoivent pas les messages diffusés ou les
signaux d’alarme. Pour leur confort et leur
sécurité, n’oubliez pas de leur transmettre les
informations.
Témoignages
J’adore aller en soirée avec mes
amis, qu’ils soient malentendants
ou non. Je perçois et j’apprécie
les vibrations de la musique et je
m’amuse comme les autres. Mais il
m’est difficile de suivre une
conversation de groupe et parfois je
décroche. Les gens croient alors que je
fais la tête mais ce n’est pas le cas. Je
ne veux pas avoir à faire semblant de
participer à tout !
Éric, 21 ans
Le téléphone est un problème
parce que je suis obligée de faire
répéter mon interlocuteur. Quand
je sais qui m’appelle, ça va. Mais il
m’arrive de ne pas décrocher quand le
numéro est inconnu. Le mieux est
encore de m’envoyer un texto ou un
mail.
Caroline, 42 ans
Souvent, quand j’effectue une
démarche auprès d’une personne
inconnue, je dois dire que je suis
sourde. Ce que j’aimerais, c’est que les
gens soient plus attentifs et que je ne
sois pas obligée de justifier
constamment de mon handicap.
Myriam,19 ans
Je suis équipé d’appareils de
correction auditive sur mes
deux oreilles. Longtemps, j’ai
été gêné par le regard des gens.
Aujourd’hui je le vis beaucoup mieux,
surtout que de nombreuses personnes
pensent qu’il s’agit d’un kit Blue Tooth
de téléphone portable !
Johan, 31 ans
Le handicap mental est la
conséquence sociale d’une
déficience intellectuelle. On estime
aujourd’hui à 650 000 le nombre
de Français souffrant de
pathologies handicapantes comme
la trisomie, l’autisme, le
polyhandicap ou encore le
X-Fragile. Quelles que soit l’origine18 de l’handicap, toutes les personnes
concernées ont en commun le
besoin d’acquérir le plus
d’autonomie possible et de vivre
parmi les autres.
Ne soyez pas surpris par
l’affection que l’on peut
vous manifester !
DES DIFFICULTÉS
SPÉCIFIQUES
Du fait de leur déficience intellectuelle, les
personnes en situation de handicap mental
ont des difficultés spécifiques pour :
• Mémoriser et évaluer les informations.
• Fixer leur attention.
• Évaluer le temps.
• Apprécier la valeur de l’argent.
• Maîtriser les règles de communication et
de vocabulaire.
• Appréhender les conventions et règles
tacites.
• Maîtriser la lecture et l’écriture.
POUR COMMUNIQUER
Discuter, échanger, avec les
personnes handicapées mentales c’est
facile :
• Souriez ! L’expression avenante de votre
visage mettra votre interlocuteur en
confiance.
• Parlez normalement en utilisant des
phrases simples et évitez les détails.
• Prenez le temps d’écouter et de
comprendre.
• Ne manifestez pas d’impatience.
• Privilégiez les sujets qui intéressent :
la musique, le foot, la télé, les animaux…
La définition de l’UNAPEI (Union Nationale des Parents d’Enfants Inadaptés)
Une personne handicapée mentale est une personne à part entière. Elle est ordinaire
parce qu’elle connaît les besoins de tous, dispose des droits de tous, et accomplit les
devoirs de tous. Elle est singulière parce qu ‘elle est confrontée à plus de difficultés que
les autres citoyens.
Le handicap mental n’est
pas contagieux !
GUIDER ET
ACCOMPAGNER
• De nombreuses personnes
handicapées mentales sont autonomes
dans leurs déplacements, mais il suffit
d’un imprévu (une grève, un retard…)
pour les déstabiliser. N’hésitez pas
alors à proposer votre aide :
• Les indications d’orientation sont
difficiles à appréhender. Assurez-vous
que la personne a compris ou
accompagnez-la.
• Demandez-lui avant de lui prendre le
bras pour la guider.
• Prenez votre temps et adaptez-vous à
son rythme.
• En cas de difficulté grave, appelez le
SAMU ou les pompiers mais pas la
police.
• Ne craignez pas d’entrer en contact :
le handicap mental n’est pas
contagieux !
Témoignages
Depuis quelques semaines, la classe de CP
de ma fille compte une petite fille handicapée
mentale. Quand je lui ai demandé si sa nouvelle
amie était handicapée, ma fille a répondu : “Non,
elle a seulement besoin que je l’aide !”
Jocelyne, 35 ans
Je souffre beaucoup du regard que les gens
portent sur mon fils. Ils ne se rendent pas compte
que les mots comme “débile” ou “mongole” me
blessent terriblement, et qu’ils blessent aussi mon
fils qui perçoit leur mépris.
Claire, 38 ans, maman de Paul, 8ans,
trisomique
Les professionnels de santé ne sont pas toujours
formés aux conséquences du handicap mental.
Ainsi un ophtalmo a traité mon fils « d’enfant
insupportable » en s’adressant à lui comme à un
bébé !
Judith, 49 ans, maman d’Éric, 17ans, autiste

Le handicap psychique peut
intervenir à tous les âges de la vie
et atteindre les personnes sans
distinction. Un tiers des Français
sont concernés par des troubles
psychiques. Lorsque ces troubles
deviennent maladifs, ils sont un
véritable handicap au quotidien. Et
pourtant, les questions de santé
psychique sont encore mal connues

du grand public et les préjugés
négatifs ont la vie dure, avec des
conséquences douloureuses pour les
malades et leurs proches.
Prenez le temps de m’expliquer
et soyez patient !
Un handicap
enfin reconnu
La « loi pour l’égalité des droits et des
chances, la participation et la citoyenneté des
personnes handicapées » (11 février 2005)
reconnaît pour la première fois la notion de
handicap psychique, à côté des notions de
handicap moteur, sensoriel, mental et
cognitif. Ceci devrait favoriser la mise en
place de structures et d’aides adaptées.
LE HANDICAP
PSYCHIQUE,
QU’EST-CE QUE C’EST ?
Si les troubles psychiques et leurs
conséquences peuvent prendre de
multiples formes, il existe des
spécificités :
• Il est la conséquence d’une maladie
psychique (hystérie, psychose,
schizophrénie…).
• Il peut apparaître à tout âge.
• Il a pour conséquence des troubles du
comportement et du jugement et
entraîne des difficultés à s’adapter à la
vie en société.
• Il est durable ou épisodique.
• Les capacités intellectuelles peuvent
être soit conservées, soit affectées.
UN HANDICAP QUI
NE SE VOIT PAS
Bien que les troubles
psychiques ne soient pas
visibles sur le physique de la
personne, certains
comportements doivent
attirer l’attention :
• Une réaction inadaptée au
contexte.
• Un stress important.
• Un raisonnement rigide.
• Des gestes incontrôlés.
• Une difficulté à communiquer.
• Un repli sur soi.
• Un état dépressif.
• Des dérèglements alimentaires. 

L’attente et la foule sont souvent
des facteurs d’angoisse. Soyez
attentif au malaise des personnes
qui vous entourent !

COMMENT AIDER ?
La souffrance psychique est souvent
insupportable. S’il est difficile d’aider une
personne en crise, certaines attitudes
préventives contribuent à la détendre :
• Restez à l’écoute.
• Ne soyez jamais agressif, ni impatient.
• Laissez la personne s’exprimer jusqu’au bout.
• Évitez de poser plusieurs fois la même
question.
• Restez calme.
• Laissez toujours à la personne la possibilité de
partir.
• N’employez pas de termes indignes et
irrespectueux.
Plus simplement, il suffit d’être humain,
compréhensif et généreux.
Témoignages
Le plus difficile pour moi, ce sont
les démarches administratives car il
faut souvent patienter longtemps dans la
foule et que cela m’angoisse. Si mon
interlocuteur ne me comprend pas, me
demande de répéter ou ne traite pas ma
demande, il m’arrive de m’énerver et
d’avoir une attitude violente envers les
autres mais aussi envers moi-même.
Catherine, 56 ans
Quand je vais mal, il m’arrive de
m’isoler complètement du reste du
monde. Je peux rester enfermé chez moi ou
bien errer dans les rues. Souvent les gens
me regardent et tiennent des propos
blessants comme « fou » ou « débile ».
J’aimerais qu’ils comprennent que je
ressens une grande souffrance, et que j’ai
besoin de compréhension et de tolérance.
Pierre, 35 ans
En 2005, le nombre
de personnes
handicapées ayant un
emploi est estimé
à près de
900 000 personnes.
Ce chiffre est en
constante
augmentation à la
grande satisfaction
des personnes
handicapées et de
leurs employeurs.
Pour que l’emploi de
personnes
handicapées devienne
une situation normale
et courante, il est
important de
respecter quelques
règles de travail et de
solidarité à l’égard
des travailleurs
handicapés.
DES ÉGARDS POUR TOUS
À chaque handicap, correspondent quelques
règles simples : n’hésitez pas à vous renseigner pour
ne pas commettre d’impair et en tout cas :
• Ne déplacez jamais le matériel d’un collègue déficient
visuel.
• Ne laissez pas de colis ou objets encombrants dans
les passages.
• Proposez votre aide et n’interprétez pas mal un
refus.
• Respectez le rythme et les possibilités de chacun.
• Mettez à disposition le matériel et les
aménagements nécessaires.
AVIS AUX EMPLOYEURS
Au-delà des obligations légales, il y a
d’excellentes raisons d’orienter son entreprise vers
l’emploi de personnes handicapées :
• Employer des personnes handicapées contribue à
améliorer l’image de l’entreprise vis-à-vis de l’extérieur
mais aussi auprès des salariés.
• Avoir un collègue handicapé est perçu comme une
situation enrichissante par les salariés.
• 87% des entrepreneurs le disent : ils sont satisfaits
de leurs salariés handicapés.
EN CAS D’URGENCE
• N’oubliez pas d’indiquer le signal d’alarme à un
collègue mal entendant.
• En cas d’évacuation, proposez votre aide aux
personnes à mobilité réduite.
• Gardez votre calme. 

Loi du
11 février 2005

La nouvelle loi vise à améliorer les droits des
personnes handicapées, notamment par la mise en
place de mesures destinées à favoriser leur accès à
la vie professionnelle :
• Maintien de l’obligation d’emploi de travailleurs
handicapés à 6% de l’effectif pour les entreprises
d’au moins 20 salariés.
• Le secteur public sera progressivement soumis
aux mêmes modalités et obligations que le secteur
privé.
• L’obligation d’emploi est élargie aux titulaires de
la carte d’invalidité et de l’allocation adulte
handicapé.
• Obligation pour les employeurs de prendre des
mesures de non-discrimination.
Témoignages
Quand un employeur prend le temps de me
parler, il oublie vite mon handicap pour ne
voir que mes compétences et les atouts que je
représente pour son entreprise.
Patrick, 44 ans
Je reconnais que c’est sous la contrainte que
j’ai fait la démarche d’employer une
personne handicapée moteur, mais je ne l’ai
jamais regretté depuis. J’ai bénéficié d’aide pour
aménager son poste de travail, et mon employé
répond à mes attentes et s’est parfaitement
intégré à la vie de l’entreprise.
Catherine, 38 ans
Responsable du projet :
Claire Roger Consultant
Conception-Réalisation :
IDEECOM
Illustrations :
Arthur Rainho
Ont collaboré
à la rédaction du guide :
Laurent Lejard,
Julien Perben,
Jérémie Boroy
Régis Devoldère,
Claude Finkelstein
Tous nos remerciements :
au Ministère délégué à la
Sécurité Sociale,
aux Personnes âgées,
aux Personnes handicapées
et à la Famille,
à Marie-Anne Montchamp,
à Philippe Streiff,
à l’Hôpital Raymond Poincaré de
Garches, l’Unapei, la Fnap-Psy,
l’Unisda, Yanous.

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