Publié par : alfournet | 27 mai 2010

48 Heures Pour les Papillons

 
 

Les 48 Heures de Surgères, c’est une course de fous: 48 heures de course, avec le minimum de repos, pour parcourir la plus grande distance possible. Evidemment, les Papillons étaient représentés, et évidemment, Alain Fournet et sa moustache étaient sur le pont:

"Je voulais suivre un maximum notre ami Joel, et je n’ai pas pu assister au départ, par contre samedi matin je suis allé au stade ainsi que dimanche matin et l’après midi.Marcelle Alain et Joel aux 48 heures pédestres de Surgères
Joel nous a fait un exploit il a parcouru 283km41 en 48 heures avec seulement 1heure15 de repos. N’oublions pas que Joel a 62ans, et que c’est sa première participation à cette course de fous.
Sous une chaleur de plus de 30 degrés, un peu de vent, juste ce qu’il faut pour soulever la poussière de la piste cendrée, notre Joel a été ex-tra-or-di-nai-re
Il a réussi ce fabuleux exploit, TERMINER UN 48 HEURES sous les couleurs des Papillons.
Car il ne faut pas oublier que si Joel s’est lancé ce défi, ce n’était pas pour lui mais pour nous malades SLA,et je peux vous dire que le message est passé.
L’équipe de ses pointeurs pratiquement tous avec un t-shirt des Papillons, les nombreux supporters avec des t-shirts, et puis la cerise sur le gâteau :
j’ai eu l’autorisation par le président de la course de faire un tour de piste avec lui. Je ne vous raconte pas ces instants d’intenses émotions pour nous deux, ça a redonné le moral à notre champion, ainsi que l’interview à laquelle j’ai eu droit sur le micro du stade (et qui devait passer en direct sur la radio locale Hélène FM) . J’ai eu le temps d’expliquer la maladie; le silence était lui aussi impressionnant pendant cette prise de parole, et le speaker était très ému (il avait ses lunettes de soleil,comme moi).
Voilà encore un bel exploit pour nos archives.
Maintenant je prends 15 jours de repos complet.

Bises à vous tous
Alain"

 
Les 48 heures pédestres de Surgères racontées par Joel Bessaguet dossard N°25 portant les couleurs des Papillons de Charcot.
 
48 h. pour les Papillons

J’ai osé, j’ai voulu, je l’ai pu !!
 
C’est trois mots résument une année de préparation pour ce défi, qui se déroulait presque dans mon jardin !
Le plus beau "48 heures du monde", disait samedi sur son site, Serge Girard, qui coure en Laponie, et fait le tour de l’Europe !
J’ai eu la chance de m’aligner dans cette épreuve mythique d’endurance, aussi grâce à vous, malade de la S.L.A., et je vous assure que les Papillons m’ont porté !!
Notre groupe "Courir pour les autres" est vraiment solidaire, et mon parcours de 283,0415 Km est pour beaucoup dans ma réussite… Bien-sur, je ne termine pas en haut du tableau, mon objectif n’était pas là, et parmi ces sportifs internationaux de haut niveau, il ne fallait pas rêver…
Pour vous parlez vraiment de la course, sur une épreuve d’ultra-fond, il y a évidemment des "hauts et des bas". J’ai connu "le 36eme dessous", mais aussi des moments de folies, où je planais tel un Ussen Bolt ! L’épreuve est monotonne sur une piste de 300 mètres ! Donc la préparation est capitale ! J’avais pris l’attache d’un bon coach (Alain Mallereau, qui a pratiqué dix fois les 48h ! Un peu dur parfois, mais il le fallait, car je ne m’attendais pas à une partie de plaisir !)
Et que dire de mon équipe d’assistance, avec leurs beaux tee-shirt papillon, tout de suite prête à me donner à boire, et à manger, au bord de la piste, courant à mes côtés, m’encourageant toujours et toujours…
Vendredi 21 mai, 16h 00, je pars pour l’inconnu ! Le soleil tape encore fort, et la météo annonce une montée en puissance des températures… On verra bien, mais cette fois, je suis vraiment dedans !
L’organisation nous oblige à courir la première heure avec un chasuble représentant le principal sponsor… mais à 17 h pile, je l’enlève avec plaisir, pour arborer mes couleurs papillons, qui vont me démarquer des autres concurrents ! D’autant plus que mes amis de "courir pour les autres 17", m’ont fait imprimer un tee shirt spécial pour cet évènement, et personnalisé avec un grand "JOEL" dans le dos !
Pour réaliser une performance "correcte", il ne faut pas s’arrêter la première nuit … La journée du samedi sera trés dure ! En fin de matinée, je commence à "piocher", d’autant que j’ai vomis à l’aube, mais il faut tenir… Seulement, je me rends compte que je ne suis pas encore à la moitié des 48 heures !
Je verrai, les uns aprés les autres, mes quatre petits-enfants venus m’encourager : "Allez Papy !!"; Cathleen,qui a 14 ans, a du venir avec toute sa classe !
Cette piste cendrée, déroule sa poussière sous nos runnigs, le vent nous enveloppe et colle ce nuage sur notre peau… Pour varié la monotonie de l’anneau, Oh joie ! nous changeons de sens toutes les 6 heures !! C’est un moment fort, car le Président, au milieu de la piste, nous accompagne dans ce virage à 180°, et nous repartons dans l’autre sens, en claquant nos mains qui croisent les autres concurents.
Enfin, la "barrière" des 24 heures est passée… maintenant on a basculé sur le "chemin du retour" ! Nous sommes samedi aprés-midi, et les animations du "grand barnum" vont monter en puissance. Là c’est une étape du "Mondial Billes", aussitôt, on enchaîne sur le gala de catch ! et autre concours de chants…
Je tourne, nous tournons….La foule est au rendez-vous… de nombreux amis supporters m’encouragent de toutes leurs forces, jusqu’aux sanglots ! Maman, 88 ans est venue trois fois pour compatir à la douleur (et aussi au plaisir ) de son fils… Soeur, beau-frère, mes filles Alice et Karine, nièces, amis, voisins, tout le monde est venu. Respect !
Alain et Odile arrivent prés de ma caravane. Avec mon coach, nous allons demander la permission de faire un tour de piste ensemble ! sans géner les coureurs… Michel Landrais m’accorde cette faveur, et voici qu’ Alain se lance dans un sprint mémorable, applaudi par la foule des grands jours, entouré d’Odile et de votre serviteur, avec le fauteuil électrique "la poignée dans l’coin" !!!
Alain aura encore la force d’accorder une interwiew au trés bon animateur, Michel Dessaint, pour lui parler de la SLA, et du combat que nous menons tous… Il me confiera aprés la course, qu’il en était tout retourné, et ses yeux s’étaient brouillés…
La deuxième nuit se prépare… c’est maintenant que les tactiques vont se dévoiler… En ce qui me concerne, nous avons prévu une heure d’arrêt, mais le plus tard possible !
Pendant que nous tournons, un spectacle de gala se déroule sous le chapiteau central. Sosie de Claude François, Laurent Peyrac donne des aigües et fait danser ses Claudettes, dans un bruit d’ Alexandrie et d’Alexandra ! Mais nous n’avons pas le droit de regarder tous ces spectacles ! Il faut rester concentré sur sa course…
De temps en temps, Isabelle ou Monique viennent à mes côtés, me lire les messages internet qui arrivent de partout ! Des environs bien sùr, mais surtout de Biarritz, où notre ami Cyril, Papillon du Désert, suit ma progression heure par heure et m’encourage dans cette tentative…
Et les frères Frappart, Arnaud et Romain, adhérents des "Mille Pattes de Surgères", qui sont pratiquement toujours au stade, et dés qu’ils rentrent chez eux, "sautent" sur "l’ordi" pour m’envoyer des mails de soutien.
La nuit, je me sens bien. Il faut dire que la température est plus appréciable qu’en pleine "cania". Ma foulée s’allonge, je ne sens plus de fatigue… que se passe t-il ?
L’endorphine que nous produisons sur des efforts longs, ferait-elle son effet ? Toujours est-il que je rattrape, au nombre de tours, trois concurrents placés devant moi !
Mon coach est obligé de me calmer… Je coure sur ce petit nuage pendant une heure, sous les applaudissements de quelques fans, qui sont restés m’encourager une grande partie de la nuit !
Il est une heure du matin, nous sommes dimanche, courage, il ne reste plus que quinze heures à courir !!  Non, quatorze, car je m’accorde une heure de repos !
Ce sera en effet que du repos, car une douleur au pied gauche m’empèche de m’endormir. Qui plus est, des accompagnateur du coureur d’à côté, viennent faire la causette au ras de ma caravane… Le compresseur du camion du traiteur, se met en route à intervalle régulier … Que du bonheur !
Quand Thierry me secoue, j’ai l’impression que je me suis juste allongé… Il faut repartir au combat…Je retrouve la piste et ses "galériens". Certains ont pris du repos, d’autres titubent, vomissent… je me rends à l’évidence: on approche de l’inhumain…
La nuit change les choses, la piste n’est plus la même, les espaces sont différents, les coureurs aussi ! Les bruits de la fête se sont tus, nous tournons toujours, pour aller chercher des kilomètres, virtuels ou bien réels ?
Lorsque l’aube fait apparaitre les contours des bâtiments du collège Hélène de Fonsèque, je suis pris entre le bonheur d’approcher du but, et cette douleur au pied gauche qui me lance à chaque foulée…
Il faut se faire une raison, je ne peux plus courir normalement ! A huit heures, je change de chaussures, en pensant que mes vieilles "Reebok" vont faire l’affaire pour finir ce chemin de croix !  Non, elles ont trop couru, et l’amorti n’est plus ce qu’il était. Je changerai tois heures plus tard, en reprenant les "Mizuno" du début.
Je me traine dans cette matinée qui n’a plus de fin… Je marche… je marche… Alain, mon coach, m’encourage et me rappelle le logo sur ma poitrine … "Tu dois tenir ! fait le pour eux ! rappelle toi d’Alain avec toi au tour de piste !"
Ces paroles galvanisantes ont un effet renversant ! Je tiendrai, j’irai jusqu’au bout du chemin…pour les papillons c’est possible !
Karine, ma fille, prend son tour au pointage… elle m’encourage de son beau sourire… Nous avons effectué le dernier changement de sens, çà sent bon l’écurie !
Encore six petites heures ! Elles seront trés difficiles, malgré une certaine euphorie qui commence à pointer ! Les supporters sont de retour, c’est bon ! çà fait du bien !
Il fait encore plus chaud qu’hier, je m’arme d’une serviette que je mouille à chaque passage devant les bassines d’eau, il faut tenir !!
L’animateur de la course fait monter la pression, des records du monde commencent à tomber, les japonais sont à la fête, ils vont gagné…
La dernière heure sera dantesque ! Les coureurs retrouvent leurs foulées perdues, et vont chercher je ne sais où, cette dynamique qui les anime habituellement !
J’en fais aussi parti, et l’ambiance aidant, me voici avec un drapeau tricolore dans une main, et trois ballons roses au bout d’un bâton dans l’autre…C’ est Willy qui m’a
"tendu la perche" des papillons pour finir. Il filme ces scènes d’antologie. Alain Bardon, lui, a du passer les cinq-cent photos ! Le dernier tour de piste est fabuleux …Nous courons tous à fond, pour pouvoir passer la ligne, avant que le chrono indique l’heure fatidique de 16 h 00, pour engranger 301 mètres de plus ! Les papillons sont tous derrière moi, les cris, les sourires, Alain fait une dernière "envolée" avec son fauteuil, et nous passons la ligne en dernier, mais tous ensemble !!! 
Ce fut sûrement du plus bel effet ! 
Embrassades et félicitations, photographes, interwiew pour une radio, le baiser de Maryvonne mon épouse, à son "vainqueur". Je ne sais plus où je suis, c’est la folie !
Mon coach m’embrasse en me disant :"Tu as fait 283 Km, chapeau, je suis content pour toi !"
Nous posons pour les photos, avec Alain et Daniel, un autre malade des environs de Surgères, avec lequel j’ai pratiqué pas mal de courses à pied et autres duathlons.
Aprés une petite heure de récup, la soirée se terminera par la remise des récompenses sous le chapiteau central, suivi d’un dîner entre coureurs, organisateurs et assistants.
Chapeau bas pour cette organisation sans faille, la ville de Surgères est connectée sur cette évènement sportif, connu du monde entier, grâce à internet.
Un dernier clin d’oeil, à Gilles, le Président, et Alain l’Administrateur des Papillons de Charcot, pour les rassurer sur ma santé, car je sais qu’ils ont tremblé pour moi !
 
Merci aux papillons de m’avoir donné la force !!!
 
JOEL.
 
 
 Voir l’album photos en bas de page
 
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