Publié par : alfournet | 22 mars 2011

Des neurones « bilingues »

Source :  Techno-Science.net           http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=8858

Source: William Raillant-Clark, Attaché de presse international, Université de Montréal, Tél.: 514 343-7593

Des neurones « bilingues » révélateurs des secrets des maladies du cerveau ?

Une équipe composée de chercheurs de l’Université de Montréal et de l’Université McGill ont découvert une forme de « bilinguisme cellulaire » – un phénomène qui permet à un même neurone d’employer deux modes de communication (La communication concerne aussi bien l’homme (communication intra-psychique,interpersonnelle, groupale…) que l’animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles technologies…), ainsi que leurs croisements: homme-animal; hommes- technologies… De ce fait, c’est…) différents pour échanger de l’information. « Nos travaux pourraient faciliter l’identification des mécanismes qui perturbent la fonction des neurones dopaminergiques, sérotoninergiques et cholinergiques dans des maladies comme la schizophrénie, la maladie de Parkinson et la dépression », ont écrit le Dr Louis-Eric Trudeau du Département de pharmacologie de l’Université de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l’industrie, de la culture, de la finance et des affaires…) et le Dr Salah El Mestikawy de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et professeur au département de psychiatrie de McGill. La découverte a été publiée dans la revue Nature Reviews Neuroscience

Leurs résultats démontrent que de nombreux neurones du cerveau sont en mesure de contrôler l’activité cérébrale en utilisant simultanément deux messagers chimiques ou neurotransmetteurs. Cette activité s’appelle « cotransmission ». Selon le Dr Trudeau, « les neurones du système nerveux (Le système nerveux est un système en réseau formé des organes des sens, des nerfs, du cerveau, de la moelle épinière, etc. Il coordonne les mouvements musculaires,…), tant dans le cerveau que dans le système nerveux (Le système nerveux est un système en réseau formé des organes des sens, des nerfs, du cerveau, de la moelle épinière, etc. Il coordonne les mouvements musculaires,…) périphérique, sont typiquement caractérisés par le transmetteur principal qu’ils utilisent». Par exemple, les neurones dits dopaminergiques utilisent la dopamine comme transmetteur, et communiquent ainsi de l’information importante pour de nombreux phénomènes comme la motivation (La motivation est, dans un organisme vivant, la composante ou le processus qui règle son engagement dans une action ou expérience. Elle en détermine le déclenchement dans une certaine direction…) et l’apprentissage. Le dysfonctionnement de ces neurones est impliqué dans de graves maladies du cerveau, telles que la schizophrénie et la maladie de Parkinson. « Nos travaux récents, effectués en partie en collaboration avec le Dr Laurent Descarries de l’Université de Montréal, démontrent que les neurones dopaminergiques utilisent le glutamate comme deuxième transmetteur. Ils sont ainsi capables de transmettre deux types de messages dans le cerveau, selon deux échelles de temps (Le temps est un concept développé pour représenter la variation du monde : l’Univers n’est jamais figé, les éléments qui le composent bougent, se transforment et évoluent pour l’observateur qu’est l’homme. Si on considère l’Univers comme un système dans son ensemble, l’observateur trouve qu’il a plusieurs états. Ces états, passés, présents et futurs, et leur mesure, concourent…), l’une rapide pour le glutamate, l’autre plus lente pour la dopamine. »

D’autres travaux, effectués par les chercheurs de l’équipe du Dr Salah El Mestikawy de l’Institut Universitaire en Santé Mentale Douglas ont montré que ce bilinguisme était observé également dans les neurones du cerveau qui utilisent la sérotonine, une population de cellules qui communiquent de l’information importante pour le contrôle de l’humeur, l’agressivité, l’impulsivité et la prise alimentaire, mais aussi dans ceux qui utilisent l’acétylcholine, un messager important pour la motricité et la mémoire (D’une manière générale, la mémoire est le stockage de l’information. C’est aussi le souvenir d’une information.), et dont les fonctions sont débalancées dans la maladie de Parkinson, par les médicaments antipsychotiques et par la dépendance aux drogues d’abus.

Des travaux effectués en collaboration avec leur collègue, le Dre Åsa Wallen-Mackenzie de l’Université d’Uppsala en Suède, publiés récemment dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, ont permis de suggérer que la sécrétion de glutamate par les neurones dopaminergiques pourrait par exemple être impliquée dans les effets sur le comportement de psychostimulants comme l’amphétamine et la cocaïne. « Nous en savons très peu sur le rôle de la co-transmission dans la régulation (« Régulation » redirige ici. Pour les autres significations, voir Régulation (homonymie) ) des comportements et dans les maladies, ce qui doit être le sujet d’études futures », a fait néanmoins prévaloir le Dr Trudeau.


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