Publié par : alfournet | 13 avril 2011

Les cellules souches musculaires : une nouvelle cible thérapeutique dans la SLA ?

Source : Fondation Thierry Latran  : http://blog.fondation-thierrylatran.eu/

Le Dr Pierre-François Pradat, exerce dans le Département des Maladies du Système Nerveux, de l’Hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris.

Lauréat de la Fondation Thierry Latran avec le projet « Implication des dysfonctionnements métaboliques dans la pathogenèse de la SLA » (en partenariat avec le Dr. Jean-Philippe Loeffler), il coordonne des travaux de recherche sur les capacités du muscle à se régénérer au cours de la SLA dont des résultats viennent d’être publiés dans la revue Amyotrophic lateral sclerosis.

Il est revenu pour la Fondation sur les enseignements à retenir de ces travaux :

Fondation Thierry Latran, Thierry Latran, SLA, Maladie de Charcot,  Lou Gehrig's Disease, MND, Motor neuron disease, ALS, MND, Amyotrophic  Lateral Sclerosis, Motor Neurone Disease, Research Project, Research,  Project, Fondation Thierry Latran, Thierry Latran, SLA, Maladie de  Charcot, Lou Gehrig's Disease, MND, Motor neuron disease« Une vision restreinte de la SLA consiste à la considérer uniquement comme un processus inéluctable de perte cellulaire. C’est oublier les conséquences de la maladie sont le résultat d’un processus dynamique où des phénomènes de mort cellulaire s’associent à des mécanismes de compensation qui tentent de pallier aux déficiences. Contrairement aux mécanismes de perte cellulaire, peu de travaux se sont concentré sur l’étude de ces processus de compensation. Pourtant, il s’agit d’un enjeu capital pour comprendre la maladie et mettre au point de médicaments qui favorisent les phénomènes compensatoires positifs. Notre équipe, en collaboration avec celle du Dr Loeffler à Strasbourg, avait déjà montré que le muscle des patients souffrant de SLA contenait en quantité trop importante de la protéine Nogo-A, protéine qui est connue pour inhiber les phénomènes compensatoires de croissance des axones vers leurs cibles musculaires. Ces travaux ont conduit à la mise au point d’un essai thérapeutique pour évaluer l’effet d’anticorps visant à bloquer cette protéine afin de favoriser la croissance des fibres.

Dans ce nouveau travail, nous nous sommes intéressés aux phénomènes de compensation qui sont susceptibles d’intervenir au niveau du muscle lui-même et de pallier aux phénomènes d’atrophie: quelles sont les capacités du muscle dans la SLA à se régénérer ? Est-il capable de remplacer les fibres musculaires qui dégénèrent suite à la dénervation ? En effet, ces mécanismes de réparation existent potentiellement puisque l’on sait que le muscle est capable de produire de nouvelles fibres musculaires, après un traumatisme musculaire par exemple. Cette régénération se fait grâce à des cellules souches musculaires appelées cellules satellites qui sont positionnées le long des fibres musculaires dans un état de dormance. L’activation et la prolifération de ces cellules après un exercice physique intense permettent à l’adulte d’augmenter sa masse musculaire.

Pour cela, nous avons mis en culture les cellules souches musculaires obtenues à partir de biopsies musculaires de patients souffrant de SLA. Nous avons observé que les cellules ne parvenaient pas à se multiplier normalement et qu’au contraire, elles prenaient l’aspect de cellules sénescentes (c’est-à-dire vieillissantes). Elles parvenaient à se différencier en fibres musculaires mais celles-ci avaient un aspect anormal plus fin que des fibres normales et avec une diminution de plusieurs protéines essentielles pour le fonctionnement du muscle.

La conclusion de cette étude est que les cellules souches musculaires sont incapables de tenir leur rôle habituel de réparation du muscle dans la SLA. Leur défaillance, en empêchant les phénomènes normaux de réparation du muscle, est probablement impliquée dans la progression du déficit moteur et de l’atrophie musculaire. Une des questions soulevée est de savoir si ce phénomène est spécifique de la SLA ou bien s’il est commun à d’autres pathologies entraînant une dénervation. Nos travaux s’orientent maintenant sur l’élucidation précise des anomalies cellulaires et biochimiques. L’enjeu est important car il pourrait conduire à identifier des cibles pour des traitements dont le but serait de favoriser la régénération musculaire. Avant d’en arriver là, il faudra encore que les cellules souches musculaires nous révèlent nombre de leurs mystères.

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